Les millennials: leurs conceptions du travail

Les individus nés entre 1980 et 1995 appelés les millennials sont les derniers arrivants incontournables sur le marché de l’emploi. Ils sont près de deux milliards d’individus, à l’échelle mondiale ils représenteront plus de 50% des salariés dès 2020. Alors quelles sont leurs habitudes, leurs attentes et leurs conceptions du monde du travail?

Quelles sont les habitudes et les attentes des millennials?

Une étude commanditée par Monster et signée par YouGov aborde les méthodes utilisées par les Millenials pour rechercher un emploi. Sur l’ensemble des répondants, l’enquête révèle que la majorité privilégie les sites d’emploi. En seconde position, ce sont les sites carrières des entreprises.
Concernant les méthodes de sélection des candidats, la majorité des millennials interrogés sont conscients que «Googliser» un candidat pour le sonder est devenu une pratique courante chez les recruteurs. C’est un résultat intéressant quand on le compare à celui de la génération X et celle des Baby-boomers. Ils sont eux moins au fait de la dominance de cette pratique.

D’autres éléments peuvent être clarifiés suite à une autre étude conduite par le groupe CBRE. Réalisée auprès de 13 000 millennials, de 22 à 29 ans, répartis sur 12 pays.
Pour commencer, le temps de transport domicile – travail est crucial dans le choix d’un poste pour les millennials, particulièrement en France. 63% des sondés français considèrent que 30 minutes est la durée maximale acceptable pour se rendre sur son lieu de travail.

Cette génération est aussi très attentive en ce qui concerne l’environnement de travail. 83% des sondés en France évoquent le fait que c’est un élément clé de leur productivité. 72% privilégient un meilleur environnement de travail au profit d’éléments moteurs tels que la notoriété ou encore la taille de l’entreprise. Les millennials sont très sensibles aux efforts de conforts et de services que peuvent apporter certaines organisations (espaces de restauration, espaces verts, salle de relaxation, etc). Car pour cette nouvelle génération les bureaux sont un lieu de travail mais également un lieu de vie.

De nombreuses organisations repensent leurs structures afin d’attirer de nouveaux talents. Par exemple, au sein de la tour Majunga, Deloitte propose des lieux pour se restaurer (Café Illy, Sushi Shop, un Monop’Daily, etc.). Mais également une salle de sport, une e-conciergerie et bien d’autres points proposant des prestations diverses et variées.
Tous ces facteurs jouent donc un rôle déterminant pour la prise de poste d’un millennial au sein d’une entreprise.

Mais une fois recruté, comment se comporte ces jeunes talents? 

 

Cette fois-ci une autre étude réalisée par le cabinet Morar Consulting démontre que cette nouvelle génération n’est plus attirée par une organisation du travail cloisonnée et impersonnelle. Ces individus sont souvent à la recherche de flexibilité. Le bureau n’est donc pas toujours leur destination favorite. En effet 67 % préfèrent travailler à l’extérieur pour doper leur productivité. Seulement, cette tendance peut créer des tensions si elle est mal gérée. De manière générale, ces individus se sentent jugés par le choix de ce nouveau mode de travail. Ils craignent les opinions négatives des autres salariés qui considèrent encore trop souvent que de ne pas travailler au bureau rime avec ne pas travailler de façon assidue.

Pourtant, les organisations s’orientent de plus en plus vers des modèles innovants tels que le “Le Flex Office”. Cette solution permet tout d’abord d’attirer les millennials mais aussi de réduire les coûts immobiliers, favoriser la collaboration, etc.
Favorisant l’Open space, ce mode de travail instaure un climat de confiance et une réelle liberté dans la façon de s’organiser. Désormais les salariés peuvent rester travailler chez eux quand ils le souhaitent. Ou encore se rendre au bureau afin d’organiser une réunion dans l’un des espaces de détente.

En matière de management, les aspirations de cette nouvelle vague d’employés cassent les anciens codes du monde du travail. Le millennial a besoin de se sentir en confiance, impliqué et écouté. En tant que responsable d’équipe il faut faciliter les échanges et effectuer régulièrement des « feedbacks » avec ses collaborateurs. La collaboration est le maître mot, laissant derrière elle toutes les anciennes méthodes de travail rigides.

Finalement et contre toutes attentes, les millennials ne sont pas de perpétuels insatisfaits. Plus de 2/3 des millennials français sont globalement satisfaits de leur poste (69%). Tandis qu’un quart d’entre eux (26%) évoque le fait d’avoir recherché une nouvelle opportunité professionnelle au cours des six derniers mois.